Bavardages

Le running et moi

Je pars du principe que la course à pied est comme un virus : on l’attrape, on le déteste parce qu’il nous fait nous battre contre nous-même et puise dans nos forces, puis il s’installe et on s’habitue, et on finit par le transmettre aux autres.
Le running pour moi, c’est une affaire de famille. Mes parents courant tous les deux depuis qu’ils ont vingt ans, ils ont réussi à transmettre le plaisir de la course à pieds à mon grand frère et moi. Certains de mes oncles et tantes, cousins et cousines, courent également et cela nous fait un joli point commun puisque le sport est affaire de partage à mon sens.

Quand j’étais petite, mes parents partaient courir le dimanche matin avant que nous nous levions mon frère et moi et nous prenions le petit-déjeuner tous ensemble à leur retour. C’était un beau rituel qui, hormis par temps de blessures, a tenu bon de longues années. Et je pense que c’est là que mon envie de courir est née : voyant mes parents battre leurs records personnels, se dépenser, se défouler, participer à des courses… inconsciemment, ça a dû jouer. Alors, certes, au départ, je n’aimais pas ça et, vraiment, courir était plus une corvée qu’un plaisir. Mes premiers runs, je les ai naturellement effectués avec mes parents qui, évidemment, courraient loin devant moi (de quoi être plutôt démoralisée). En plus, lorsque j’étais ado, j’avais déjà « mon » sport et c’était la GRS (vous savez, les justaucorps, rubans, ballons, cerceaux… voilà). Je ne jurais que par ça, je faisais de la compétition et en plus de l’équitation, c’était une passion, alors, aller courir, très peu pour moi.
Et puis j’ai dû arrêter la GRS, j’ai commencé à aller à la piscine parce que j’adore nager. Et en classe de 1ère, avec une de mes meilleures amies, nous avons décidé de courir. Je pense que l’on devait faire au grand maximum 5km le dimanche et en des temps records assez pitoyables de 40 minutes (je ne crois pas exagérer là-dessus). Mais au moins, nous courrions, et c’était déjà énorme pour nous. Petit à petit je suis allée courir plus souvent avec mes parents. Ils étaient toujours loin devant moi, j’étais toujours aussi lente, mais j’ai tenu bon.
Lorsque je suis allée vivre à Bordeaux j’ai découvert le plaisir de courir sur les quais de la Garonne et j’essayais d’y aller régulièrement. J’ai même transmis le virus à mon tour en convertissant mon petit copain de l’époque au running. Puis je me suis blessée, une entorse idiote en soirée. Une pause s’est donc imposée. Je n’ai pu reprendre la course à pieds qu’à mon arrivée à Castres. Là, c’était parfait, j’avais des amis pour courir avec moi, les parcours étaient verdoyants et le long de petits ruisseaux… un environnement bucolique au possible !
10835149_849679115104291_1586223475925458200_oC’est à Castres que j’ai effectué mon premier 10km chronométré 3 mois après mon arrivée là-bas. Pour une première, j’ai réussi à le finir en 54 minutes et 52 secondes et on peut dire que j’étais contente de moi. Ça m’a donné envie de continuer. Puis je me suis à nouveau blessée, encore une entorse idiote en soirée, mais bien plus grave que la précédente. J’ai arrêté de courir pendant presque 8 mois. J’ai senti que je grossissais, je me suis reprise en main en juin dernier en allant à la salle de sport et, grâce au beau temps, je suis retournée courir.

20161002_113330Maintenant, je ne ressens que du plaisir. J’ai perdu les kilos que je voulais perdre avant même la fin du mois de juillet et c’était surtout grâce à la salle de sport mais, en octobre, j’ai participé à la course Odyssea et je me suis rendue compte que, vraiment, le running me plaisait. Depuis, je cours au moins deux fois par semaine, et j’essaie de faire un jour sur deux. J’ai changé de chaussures après 5 ans sans en acheter de nouvelles, j’ai été voir un podologue pour avoir des semelles adaptées à mes pieds mal foutus, j’ai investi dans des équipements pour chaque 20161126_195634saison ou condition météo.
Un dimanche, j’ai rejoint mes parents pour leur footing matinal et, pour la première fois de ma vie, je les ai distancés, je suis arrivée avant eux. C’est idiot mais ce fut une fierté pour eux, comme si la boucle était bouclée. En novembre, je me suis inscrite au semi-marathon de Paris avec mon frère et ce nouvel objectif a ajouté du défi à ma préparation. J’ai couru un 10km nocturne pour la lutte contre le cancer et un autre, avec mes parents, pour le Téléthon. Ce que j’aime dans ces courses c’est la convivialité 20161204_115011que l’on ressent dans un sport individuel comme le running : ce sont de vrais moments de partage. Et, évidemment, c’est également le fait de battre ses propres records, d’aller toujours plus loin ! Ça me motive beaucoup.

Le semi est dimanche prochain, j’ai hâte et peur à la fois parce que c’est la première fois que je vais courir 21,097km. Ma plus longue distance en entraînement est de 18km et je sais que je suis capable de courir 3 kilomètres de plus mais… quand même, un semi ! Moi qui, il y a 10 ans, voyant mes parents participer au Semi de Paris, me disais que jamais je ne pourrai faire ça… Ne jamais dire jamais ! Voilà le maître mot pour moi quand je cours.

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