Bavardages

Les jours sans

Aujourd’hui, cela fait 100 jours que je ne travaille pas. Centième journée. Jour 100, jour sans. Je pensais écrire un article plein de tristesse, voire de découragement et de désespoir. Une sorte d’appel à l’aide et de bouteille à la mer. Mais finalement, la semaine dernière, j’ai passé des entretiens et, même sans en connaître le dénouement, ça m’a redonné confiance en moi et l’envie d’y croire. Mais je tenais quand même à publier cet article (un peu long) parce qu’en 100 jours, il s’en est passé des choses…

Si je devais résumer ces cent jours et plus exactement la recherche d’emploi, je dirais que c’est comme des montagnes russes : on a des montées d’adrénamontagnes russesline, des moments de joie et d’espoir vraiment profonds lorsqu’on postule à une offre qui nous correspond exactement ou quand notre téléphone sonne pour un entretien, puis aussi des descentesauxenfers, des instants de réelle tristesse quand on nous dit qu’on a pris quelqu’un d’autre que nous, quand on nous explique que nous ne sommes pas assez qualifiés, c’est toujours un peu dur de remonter la pente.

Pour ceux qui ne me connaissent pas tout à fait, je recherche un emploi en marketing pharmaceutique,636063016778186456-1086909324_Jess 1 plus précisément en tant que chef de produit. Je suis motivée, ultra dynamique et enthousiaste pendant mes entretiens. J’ai le profil adéquat et qualifié d’idéal par la plupart des entreprises dans lesquelles j’aimerais travailler mais je me suis vite confrontée aux problèmes du manque d’expérience et de l’offre et de la demande : beaucoup de personnes juniors comme moi pour finalement peu de postes par rapport à ce que je m’attendais (oui parce que, naïvement peut-être, mais je pensais trouver rapidement et facilement). Durant ces trois mois de recherche d’emploi j’ai été confrontée à bien des personnes et surtout bien des discours, très peu encourageants je dois bien le dire.
Et aujourd’hui je tenais à partager cela parce que, derrière un sourire et une bonne humeur qui me caractérisent, j’ai souvent eu envie de crier et de pleurer pendant ces 100 jours. J’ai d’ailleurs plus d’une fois eu la sensation qu’il fallait que j’abandonne, que j’arrête, que je trouve autre chose à faire de ma vie, moi qui avais enfin trouver la voie et le métier qui me plaisaient. On remet tout très vite en questions. Je me suis imaginée au moins dix autres métiers qui ne nécessitent pas de trop longues formations. J’ai hésité à monter ma boîte dans un tout autre domaine (en réalité, je garde cette idée dans ma tête… coucou Marie si tu passes par là). tumblr_n26ea0T6hO1tqs1heo1_500J’ai vraiment baissé les bras plus d’une fois. J’ai eu des jours et des semaines de déprime durant lesquels j’ai eu la chance de pouvoir aller voir ma maman, par exemple, pour me changer les idées. C’est un cercle vicieux la recherche d’emploi : on a beaucoup de temps mais de moins en moins d’argent, on est dispo mais les amis travaillent, on a envie de partir en voyage mais encore une fois les finances viennent à manquer et surtout, on n’ose pas forcément s’éloigner de peur d’être contacté pour un entretien… J’ai déposé beaucoup de candidatures et je pense n’avoir eu que 10% de réponses à mes mails ou appels téléphoniques. Si des RH ou recruteurs passent par ici, je ne vous demande pas grand chose mais, simplement, donnez une réponse aux candidats… C’est horriblement frustrant de ne rien recevoir. On se demande si on a bien écrit à la bonne adresse, si notre CV est parti au bon endroit, on se pose des questions sur soi en se disant que « finalement, mon profil ne correspond pas, je ne trouverai jamais ». Je ne dis pas que j’étais heureuse lorsque j’ai reçu les quelques mails de refus mais au moins j’étais fixée et non plus dans cette constante interrogation.

Pendant ma recherche (qui n’est pas terminée, mais bon), je me suis rendue compte que certaines personnes qui devraient être des alliés ne s’y prennent pas forcément de la bonne manière.

  • Par exemple, la conseillère Pôle Emploi qui, après m’avoir expliqué que je n’aurai pas droit au chômage, a désespérément cherché mon métier dans la base de données de son logiciel. J’ai eu beau lui dire que nulle part n’était présente l’industrie pharmaceutique ou l’intitulé de mon poste, elle s’est acharnée pour finalement ne rien trouver. Petite déception de mon côté mais je n’étais que peu surprise. Elle, cependant, semblait réellement désemparée de ne pas pouvoir me mettre dans une de ses « cases » pour recherche d’emploi. Et c’est là qu’elle a essayé de me qualifier dans des domaines de compétences qui n’avaient rien à voir avec l’industrie pharmaceutique… Elle m’a d’abord gratifiée d’un diplôme de pharmacien que je n’ai pas puisque je n’ai pas fait les études pour, avant de vouloir donner un autre nom à l’industrie pharmaceutique : « Pharmaceutique… Ça ressemble à de la parachimie, non ? » euh… Non. Et c’est à ce moment-là où elle a craqué et perdu espoir dans sa recherche quand elle m’a dit « De la chimie alors ? RUDENon, parce que, vous autres, en pharmaceutique, il faudrait quand même vous réveiller et prendre conscience que tout ce que vous faîtes, les médicaments, là, ce ne sont que des produits chimiques que vous essayez de nous faire avaler… Je mets chimie alors ? » Je l’ai regardée, bouche bée, estomaquée. J’étais là pour avoir un soutien et un peu d’aide et me voilà face à une personne dénigrant totalement mon métier. Alors que j’étais restée presque muette depuis le début de cette rencontre et que je l’avais laissée s’obstiner à chercher des infos inexistantes dans son ordinateur, j’ai répondu simplement « Je pense que c’est un débat que je n’aurai pas avec vous ce matin, ni jamais d’ailleurs. Certes, il y a une part de chimie dans la pharmaceutique, mais je ne suis pas chimiste, je suis biologiste, et vous devriez vous renseigner parce qu’aujourd’hui, les industries essaient le plus possible d’utiliser des BIOtechnologies… Mettez-moi dans la case marketing de votre ordinateur, comme ça, je pourrai m’en aller. » Quand je suis sortie de là, il était 10h du matin, je suis rentrée chez moi, et je me suis recouchée, abattue par cette femme qui m’avait mis le moral encore plus bas que zéro.
  • Autre exemple, une chasseuse de têtes d’un cabinet de recrutement qui était censée m’encourager dans mes recherches et qui finit par me dire « Vous savez, j’étais comme vous, chef de produit, et je n’ai plus trouvé de travail… alors au bout d’un an de recherche, j’ai changé de voie, et me voici devant vous aujourd’hui » … Pardon ? Est-ce que c’est encourageant d’entendre dire que j’ai fait six ans d’études pour finir frustrée à recruter des gens qui font le métier que j’aurais aimé exercer ? Je suis pour l’honnêteté mais il y a des limites.
  • Il y a évidemment les recruteurs qui se cachent derrière « un manque d’expérience »… killselfOui, alors, c’est vrai, qu’en tant que junior, je n’ai eu que deux stages et 3 mois de CDD mais… On se redonne la définition de junior ou bien ? Parfois je lis des offres dans lesquelles des juniors sont demandés « avec 3 à 5 ans d’expérience ». Je suis abasourdie. La réalité n’est pas la même partout.
  • Puis il y a les proches. Amis, famille, amis de la famille, amis d’amis… Tous partent de bons sentiments et tous m’encouragent. C’est assez incroyable. Pour tout ça, je les remercie giphyprofondément.
    C’est pour cela que j’arrive plus facilement à pardonner certaines phrases qu’ils lancent sans trop se rendre compte…
    – Quand je raconte une de mes journées : « Ah c’est cool le chômage, tu as le temps »
    – Quand on part du principe que je suis tout le temps disponible : « Ah bon tu n’es pas dispo ? mais tu ne travailles pas pourtant »
    – Quand je suis partie en week-end à Londres : « Bah ça va, tu as les moyens, même sans boulot »
    – Quand … : « Mais tu n’as pas d’entretien ? Han mais c’est très très inquiétant. »

Voilà un bref aperçu de ces 100 derniers jours. Honnêtement, j’ai arrêté de me plaindre. Je me dis que cela fait trois mois. Trois mois, ce n’est pas grand chose. Je fonde énormément d’espoir en les entretiens que j’ai eus la semaine dernière. Je croise les doigts et je dors avec mon portable collé à moi au cas où on m’appelle tôt le matin. Je me rends compte que, rien que de croire au fait que je vais finir par être embauchée me redonne le sourire et me motive.

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2 thoughts on “Les jours sans”

  1. C’est drôle parce que j’ai écrit un article par rapport à la recherche d’emploi il y a quelques jours ah ah 😁. Pour ma part je fais partie des personnes qui ont abandonné l’idée d’exercer le métier de mes rêves.. On m’a fait comprendre que le diplôme que j’avais ne correspondait pas au métier (Community Manager) que je recherchais alors que j’ai exactement les mêmes connaissances que ceux qui l’exerce… C’est très frustrant ^^’
    Et puis alors les conseillers de chez Pôle emploi sont d’une imcompétence monstrueuse. Je pensais qu’il n’y avait que chez moi qu’ils ne servaient à rien, mais je vois que toi aussi tu en fais les frais :-/
    As tu essayé les boites d’intérim ? Ça peut toujours te donner de l’expérience même si se sont de courtes missions 🙂
    En tout cas j’espère que les entretiens que tu as passé seront positifs, et sinon je te souhaite bon courage pour la suite! 😉

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    1. Merci pour ton commentaire, ça me fait me sentir moins seule ! Je suis en contact avec des boîtes d’intérim pour travailler dans mon domaine (ça se fait souvent pour le poste que je cherche) et après mon stage de fin d’études j’avais d’ailleurs fait une période de 3 mois dans la boîte dans laquelle je faisais mon stage. Malheureusement c’était un contrat court et ils n’ont pas pu me reprendre par soucis financier (…) Mais je suis encore en contact avec la boîte d’intérim avec qui le contrat avait été signé et l’un de mes entretiens de la semaine dernière était d’ailleurs grâce à eux. Je sais que les CDI sont rares dans mon domaine alors à vrai dire, CDD ou intérim ne me font pas peur. Je vise juste quelque chose de plus de 3 mois parce que c’est plus intéressant à mon sens et qu’en moins de temps on ne peut pas prouver grand chose en terme d’expérience…
      J’espère aussi que j’aurai des retours positifs. Je croise les doigts 🙂 Et j’espère que tu réussiras à trouver le CDI de tes rêves (il faut toujours y croire) !

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