Bavardages

Un an de chat

Il y a un an jour pour jour, le samedi 2 juillet 2016, Klimt est arrivé chez moi. Un bébé chat.

Il avait deux mois, était un peu sauvage, et ne voulait pas franchement venir avec moi quand je suis allée le chercher. Il s’appelait Max, était déjà grand (mais si petit) malgré son jeune âge, et il semblait apeuré. Mais en le voyant, j’ai su que l’on deviendrait copains tous les deux. Et c’est exactement ce qui est arrivé.

Un an avec Klimt/Klimtouille/Klimtounet, c’est plus de 500 000 poils éparpillés, 870 photos -oops, 216 griffes coupées, une centaine de miaulements dont certains vraiment très drôles, 50 ronronnements et 12h de sieste par jour, 15 bains, plus de 10 mouches attrapées, écrasées puis avalées (on peut applaudir ses prouesses de chasseur, merci). Un an de câlins quotidiens, de petits rituels au réveil, quand je prends ma douche, quand je rentre à la maison, et le soir. Un an que je ne parle plus complètement toute seule. Un an à s’occuper de quelque chose d’autre que soi-même. Un an à rigoler de sa petite tête, un an de pot-de-colle. Un an à être totalement dingue et gaga* d’un animal à quatre pattes (j’ai un peu honte)(parfois).

Plusieurs d’entre vous m’ont posé des questions sur cette boule de poils que vous voyez souvent sur mon Instagram, et plus globalement sur la vie avec un chat. Alors j’ai décidé de raconter nos un an ensemble en y répondant.

¤ Est-ce mon premier animal de compagnie ? ¤

Oui et non. Petits, mon frère et moi étions allergiques aux poils d’animaux, surtout aux poils de chat (ce qui a toujours arrangé mon papa qui ne voulait pas de chat dans un appartement). J’ai eu des poissons rouges, qui ont reçu tout mon amour d’enfant qui aimerait un animal à câliner. Mais bon, câliner des poissons, ce n’est pas vraiment faisable. Puis j’ai grandi et mon envie d’avoir un chat a grandi avec moi. Elle a atteint son paroxysme lorsque je suis arrivée en master à Bordeaux. Restait le problème de l’allergie, et j’ai alors eu une idée farfelue : devenir famille d’accueil pour une association de chats ; en d’autres termes, garder des chats trouvés/abandonnés en attendant qu’une famille les adopte. J’ai ainsi gardé 6 chats de manière consécutive, en un an. Et c’est ainsi que j’ai fait ma désensibilisation allergique : mieux que n’importe quel traitement d’allergologue ! Lorsque j’ai constaté que mon allergie avait disparu et que j’aimais vraiment vivre avec un chat (je précise un), je me suis dit que j’étais prête à en avoir un.

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¤ D’où vient mon chat ? ¤

Lorsque j’ai décidé d’avoir un chat, la question de sa provenance ne s’est pas posée longtemps. Tout naturellement, j’ai choisi de faire appel à une association. Ayant vu les bénéfices qu’apportent les familles d’accueil en sociabilisant les chats, en en prenant soin, et en les préparant à leur nouvelle vie, je ne pouvais que renvoyer l’ascenseur. Honnêtement, je conseille fortement ce type d’adoption : il y a des chats de tous âges, et les chatons sont toujours sevrés ! Les premiers actes vétérinaires sont déjà faits : tatouage/puçage, vermifuge, primo-vaccination (stérilisation si le chat a plus de 6 mois)… Le chat que l’on adopte a déjà son carnet de santé, ce qui est rassurant et ça évite à sa nouvelle famille les rendez-vous et procédures du début.
Malgré tout, j’ai choisi Klimt : je voulais un chat mâle type européen, tigré et tacheté, gris/beige/blanc. Simplement parce que j’en avais gardé un de ce genre que j’avais adoré. C’est idiot comme raison mais je voulais que mon chat soit comme ça. On aime ou on n’aime pas… moi je l’adore tel qu’il est.

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¤ Pourquoi ce nom ? ¤

Aaaaah, cette question ! Quand je prononce le nom de mon chat, on me dit souvent « hein Clint ? Comme Clint Eastwood ? » Non. Klimt. Avec un K et un M. Comme le peintre symboliste autrichien Gustav Klimt.
Quand on désire un chat depuis aussi longtemps que moi, on se pose la question du prénom de nombreuses fois. Je voulais quelque chose d’original, pas cul-cul, assez inédit et surtout qui me ressemble. Que ce soit mon chat. J’avais pensé à Gus-Gus, comme la souris dans Cendrillon, parce qu’elle m’a toujours fait rire. Puis j’ai découvert Klimt lors de mon voyage à Vienne. Et un jour, je me suis dit « Gus… Gustave… Gustav ! Klimt ! » (lumière). Aussi simple que ça.

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¤ Ça coûte cher ? ¤

Alors « ça » ne coûte pas si cher à mon sens. Comme j’ai eu Klimt via une association, je l’ai acheté et non pas eu gratuitement comme parfois quand quelqu’un donne des chatons d’une portée. Comme je le disais précédemment, quand on passe par une association, on obtient un chaton déjà sevré, habitué à l’humain –l’humain gentil, propre, vermifugé, primo-vacciné, pucé ou tatoué… Et c’est vraiment important je pense. Parce que ce sont des choses par lesquelles on est obligé de passer quand on adopte un jeune chat, alors autant que ce soit fait avant, non ? Côté prix, les frais vétérinaires peuvent vite grimper : 70€ de puçage, 60€ pour la première injection de vaccin, 7€ de vermifuge par exemple. Dans mon cas, mon chat a coûté 138€, ce qui comprend une partie des frais vétérinaires payés par l’association (puçage, vermifuge, primo-vaccination pour Klimt), mais aussi 50€ de don pour l’association. Ce qui en fait une bonne action tout en diminuant les frais vétérinaires.
Il faudra compter ensuite 60€ pour le rappel de vaccin, 80€ pour la castration (la stérilisation des femelles est un peu plus chère)(à noter qu’en adoptant via une association, vous vous engagez à faire stériliser votre chat à ses 6 mois), 40€ pour le dépistage FIV qui est le SIDA des chats (le test n’est pas du tout obligatoire, mais il peut être utile), 7€ par vermifuge tous les 3 mois, et 8€ par anti-puces tous les mois pour un chat d’intérieur. Au départ, il faudra également « investir » dans un bac à litière, ce qui coûte 5€ en moyenne (il n’est pas nécessaire de prendre une maison de toilette dernier cri, surtout que tous les chats ne supportent pas ce genre de litière)
Au quotidien, les frais de nourriture et de litière s’élèvent à environ 20€ par mois. Je ne compte pas les jouets que l’on peut éventuellement acheter, moi la première. Mais bon, soyons honnête, mon chat aime autant s’amuser, voire plus, avec un bout de carton, de la ficelle ou un bouchon en liège, qu’avec n’importe quel gadget que l’on peut acheter.
Alors oui, c’est un budget, mais réparti dans le temps et qui ne demande pas non plus des efforts considérables (et c’est une dépensière compulsive qui le dit).

¤ Tu lui donnes à manger souvent ? ¤

Une fois par jour ! Au début, quand il était encore chaton, il avait des croquettes en illimité, puis je suis passée à une gamelle par jour (en me basant sur les grammages indiqués sur les paquets de croquettes). Je lui donnais le matin et maintenant je lui donne le soir, c’est plus simple pour moi, et il attend mon arrivée du travail avec impatience.
En complément, je lui donne de temps à autre une pâtée, environ une fois par mois ou toutes les deux semaines. Et parfois, des petites friandises dont il raffole 😀

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¤ Ton chat ne fait pas trop de bêtises ? ¤

Et bien, en toute honnêteté, non. Je n’ai jamais eu aucun problème avec Klimt. Comme j’avais gardé des chats en appartement, je savais qu’il lui fallait absolument un griffoir pour ne pas qu’il détruise mon canapé : il a donc toujours eu à disposition un griffoir en carton (2 ou 3€ en supermarché), qui lui suffit amplement et dure vraiment longtemps. Il n’a donc jamais dégradé de meuble ou de tissu.
Les seuls incidents que j’ai à déplorer sont des « pipis accidentels« . Klimt fait partie de ces chats qui ne supportent pas les maisons de toilette et préfèrent une litière ouverte. Mais une litière ouverte dans un coin vraiment à l’abri des regards : il lui faut son petit coin (c’est le cas de le dire). Avant de le comprendre, il y a donc eu quelques petits accidents, du parquet à nettoyer, et des housses de couette à laver… mais rien de marquer dans le temps. Aujourd’hui, il lui reste encore une manie : il aime aller dans les sacs de voyage quand on fait nos valises près de lui et il peut arriver qu’il y marque son territoire. La vétérinaire m’a dit que beaucoup de chats font ça, il n’y a pas grand chose à faire, à part être attentif (je me dis que Klimt n’aime peut-être pas que je parte en voyage sans lui alors il agit ainsi… oui j’invente une vie à mon chat, oui). Autrement, il fait ses besoins dans sa litière, il y a même un endroit parfait pour son bac dans mon appartement.

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¤ Et la vie en appartement justement ? ¤

Quand il est arrivé chez moi j’habitais encore un studio de 22 m², suffisant pour moi, un peu étroit pour un chat qui grandit. En octobre, j’ai déménagé pour avoir une vraie chambre et ça a été un bonheur pour Klimt de découvrir cette grande surface et les différentes pièces dans lesquelles il pouvait désormais aller. Même si c’est un vrai pot-de-colle et qu’il est très souvent juste à côté de moi, il lui arrive d’apprécier la tranquillité de la chambre quand je fais du bruit dans le salon.
En étant tout à fait honnête, les chats préfèrent être dehors que dans un appartement. Je pense que si j’avais un jardin, Klimt y passerait sa vie (même s’il est casanier et qu’à mon avis, il resterait simplement dans un coin à faire la sieste…). Cependant, mon chat peut sortir prendre l’air très souvent. En effet, j’ai la chance d’avoir un mini-balcon sur lequel il adore s’allonger pour espionner la rue, prendre le soleil, suivre les pigeons, et manger son herbe à chat. J’ouvre aussi souvent que possible pour qu’il profite de ça. Il y a également un rebord de fenêtre large au niveau de celle de la salle de bain : c’est son spot favori parce qu’il y a pile de la place pour lui et qu’il peut aussi rester à l’intérieur, dans le bac à douche tout frais.
Pour ce qui est des côtés pratico-pratiques : un chat en appartement perd plus facilement ses poils qu’un chat qui vit dehors, il faut donc le brosser régulièrement si on ne veut pas avoir une moquette à la place du parquet ; de même il faut s’occuper de sa litière assez souvent si on veut éviter 1) les odeurs 2) les accidents ; aussi, un chat d’intérieur doit pouvoir se dépenser donc il est important de jouer avec lui assez souvent, et de surveiller son alimentation.

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¤ Comment s’est passé le déménagement ? ¤ 

Très bien. J’appréhendais un peu ce changement, j’avais lu plein de choses et certains conseils m’avaient inquiétée parce que je n’avais rien prévu en particulier pour mon chat, si ce n’est faire en sorte de le traumatiser le moins possible et de le rassurer. Je pense que ce qui l’a le plus perturbé, ce sont les cartons. Deux-trois jours avant le samedi du déménagement, j’ai commencé à empaqueter toutes mes affaires et j’ai senti que Klimt était un peu troublé. A noter que les cartons sont une vraie passion pour lui : dès qu’il y a un colis vide, il aime aller dedans pour jouer, dormir, ou mordiller le carton, alors là, il y avait de quoi faire.
Le jour J, mes parents, mon frère et ma belle-sœur sont venus m’aider et nous avons pu faire un travail à la chaîne, tout en nettoyant l’appartement. J’ai été l’une des personnes présentes en permanence dans l’appartement, donc Klimt n’a pas été trop déboussolé par les allers-retours : il a vu les autres entrer et sortir du studio, mais j’étais là avec lui alors tout allait bien. Il regardait autour de lui, ne comprenait pas trop… ce qui est normal pour un chat. Pendant tout le déménagement, son bac à litière et un peu d’eau étaient à disposition. Klimt a été le dernier « colis » sorti de l’appartement, dans sa boîte de transport. Direction le camion et la première fois en voiture pour lui : il a adoré, et s’est même endormi, bercé par le trafic. Quand nous sommes arrivés dans le nouvel appartement, comme nous avions des allers-retours à faire, j’ai laissé Klimt, avec une fois encore sa litière, de l’eau, et un peu de croquettes, dans ma chambre, pour éviter qu’il ne s’échappe dans le nouvel escalier. Puis j’ai ouvert la porte et il est allé petit à petit visiter le nouvel appartement, prenant ses marques, sans paraître perturbé : parfait.

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¤ Comment tu fais pour les vacances ? ¤

C’est ce qui me demande le plus de réflexion je pense. Mon père refusant de garder Klimt tant que ma maman et lui vivent en appartement (sauf à Noël, quand je suis chez eux), je ne peux donc pas user de la solution de facilité. Ceci dit, j’aime autant. Ça m’apprend à assumer totalement mon chat et à me débrouiller. En règle générale, je suis comme ça : j’aime assumer mes choix et, surtout, qu’ils n’encombrent personne. J’ai choisi d’avoir un chat, à moi de gérer.
Lorsque je m’absente deux jours, je donne suffisamment d’eau et de croquettes à Klimt pour qu’il puisse manger à sa faim et s’hydrater. Quand je reviens, il est parfois un peu en manque de présence affective, mais pas traumatisé, et d’autant plus content de me retrouver.
Pour les plus longues périodes, je demande à des amis de passer à tour de rôle tous les deux jours. Parfois mes parents viennent lui donner ses croquettes quand ils se proposent d’eux-mêmes. Il m’est arrivé en dépannage extrême de demander à l’une de mes voisines de passer vérifier que tout allait bien. Et sinon, je fais appel à un service de cat-sitting. Quand je pars plusieurs semaines, c’est vraiment un service idéal : une personne vient à la fréquence que je veux chez moi, pour s’occuper de Klimt, le nourrir, le câliner et jouer avec lui ! J’ai droit à des photos du bien-vivre de mon chat en échange et c’est toujours plaisant et rassurant 🙂

Voilà, j’espère avoir répondu à toutes vos questions et si vous en avez d’autres,
n’hésitez pas, je me ferai un plaisir d’y répondre !

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En lisant cet article, vous vous dîtes certainement que je suis une fille à chat complètement dingue. Alors, oui, je suis gaga, totalement gaga, et ce petit chat compte énormément pour moi. Il m’est déjà arrivé de faire d’atroces cauchemars dans lesquels il mourrait et c’étaient de loin les pires nuits de ma vie. Mais je ne le considère absolument pas comme mon enfant. Je ne lui dis pas que je suis « sa maman », je l’appelle « bébé chat » parce que c’est mignon et qu’il me fait fondre, mais ce n’est pas mon bébé.

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